Citations du documentaire d'Absol sur l'effondrement partie 2

Publié le 2019/11/27 (format ISO 8601) ~ 41 min.

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Les citations sont une transcription des citations du deuxième documentaire d'Absol sur l'effondrement : 22 contre-arguments à la collapsologie.
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Les citations

« Les collapsologues ne seraient-ils qu'une secte millénariste comme les autres ? Le témoin Pascal Brucknet n'est pas loin de le penser, développant l'idée que nous avons échappé depuis Nostradamaus à 183 find du monde annoncées et que les collapsologues sont, à leur manière, fascinées par l'idée que l'homme expie ses fautes dans un grand bûcher apocalyptique final. »

Article intitulé Les collapsologues sont-ils dangereux ? publié par le Tribunal pour les Générations Futures le 13/12/18 sur le site Usbek & Rica

« N'étant pas adepte du calendrier maya et ne prenant pas au sérieux l'apocalypse de Jean, les prophéties de saint Malachie et les révélations de Fatima, je ne joue pas à me faire peur. Si vous voulez vous faire peur, allez voir un bon film-catastrophes. Je ne pense pas que la fin du monde arrive. Je pense que ce sera tout au plus la fin d'un monde, la fin de notre monde. [...] Depuis la fin des années 1960, il y a eu tellement de Cassandre criant au loup (sans qu'aucun loup n'ait montré le bout de sa truffe) que le public a cessé de s'alarmer. »

Piero San Giorgio, dans son livre Survivre à l'effondrement économqie, publié en 2011

« Dans l'espace médiatique et intellectuel, la question de l'effondrement n'est pas abordée sérieusement. Le fameux bug de l'an 2000, puis l'"évènement maya" du 21 décembre 2012 ont évincé la possibilité de toute argumentation sérieuse et factuelle. Évoquer un effondrement en public équivaut à annoncer l'apocalypse, donc à se voir renvoyer à la case bien délimitée des "croyants" et des "irrationnels" qui ont "existé de tout temps". »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« La question n'est pas si, mais quand : quand la catastrophe climatique atteindra-t-elle son point de bascule ? Quand le mouvement sera-t-il irréversible ? Et en attendant, les Cassandre prophétisent, c'est leur fonction, et personne ne les écoute, c'est leur malédiction. »

Sven Ortoli, dans son livre Léger Vertige, publié en 2018

« La collosale expansion matérielle de ces dernières années a pour destin, selon toute probabilité, d'être un phénomène temporaire et transitoire. Nous sommes riches parce que nous vivons sur notre capital. Le charbon, le pétrole, les phosphates que nous utilisons de façon si intensive ne seront jamais remplacés. Lorsque les réserves seront épuisées, les hommes devront faire sans... Cela sera ressenti comme une catastrophe sans pareille. »

Aldous Huxley, dans son essai Progress: how the achievments of civilization will eventually bankrupt the entire world, écrit en 1928

« De quelque manière que l'on interprète le phénomène de l'accumulation, il est claire que le capitalisme signifie essentiellement expansion économique et que l'expansion capitaliste n'est plus loin du moment où elle se heurtera aux limites même de la surface terrestre. »

Simone Weil, dans une revue de La Révolution Prolétarienne, publiée en 1933

« Il y avait une prise de conscience mondiale à partir de 1972 du fait que non seulement la croissance ne pouvait pas continuer indéfiniment mais qu'on ne pouvait pas continuer à exploiter au même rythme, même à croissance zéro, des ressources qui sont limitées, sans arriver à l'effondrement. »

André Gorz

« Un effondrement de civilisation n'est pas un évènement (c'est-à-dire une catastrophe), mais un enchaînement d'évènements catastrophiques ponctuels (ouragans, accidents industriels, attentats, pandémies, sécherersses, etc.) sur fond de changements progressifs non moins déstabilisants (désertification, dérèglements des saison, pollutions rémanentes, extinctions d'espèces et de populations animales, etc.).»

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Une autre fin du monde est possible, publié en 2018

« On a malheureusement tendance à percevoir l'effondrement comme un seul évènement, en faire une singularité dans le temps, ce qui biaise l'analyse et empêche d'y répondre correctement au niveau imaginaire, émotionnel, politique. »

Pablo Servigne, dans une interview pour le magazine Socialter Hors-série n°5 : Et si tout s'effondrait ?, publié en Décembre 2015

« Un basculement écologique est donc en cours et il est irréversible dans plusieurs de ses aspects. Il ne s'agit pas d'une "crise" qui pourrait être suivie d'un retour à la situation antérieure. Il ne s'agit pas d'un évènement instatané, ni homogène dans l'espace, ni linéaire dans son intensité. [...] Un autre exemple de ce récit de rupture est l'image de magasins vides en trois jours, puisque le pétrole "c'est bientôt fini" et que nos villes n'ont presque aucune autonomie alimentaire. Cette image est très efficace pour faire comprendre ce manque d'autonomie, mais elle devrait être présentée comme une illustration théorique utilisée en ce sens, pas comme une réalité. Les magasins ne seront pas vides en trois jours à cause d'un manque énergétique (ils le sont par contre lors de mesures restrictives volontaires), certiains de leurs rayons seront de moins en moins approvisionnés. L'électricité ne va pas disparaître, les coupures se feront sporadiquement. Internet ne s'effondrera pas du jour au lendemain, une partie de la ppulation s'en verra déconnectée avec des accès de plus en plus impayables. Les voitures ne vont pas s'envoler d'un coup, ceux qui pourront se permettre de payer du quatre euros le litre continueront de rendre nos villes invivables avec ces véhicules. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir »

Pierre Dac (1893-1975)

« La difficulté est évidemment de savoir ce que l'on veut précisément dater. "L'évènement effondrement" implique différents horizons temporels. Le rythme de la finance n'est pas le même que celui de l'élévation du niveau des mers. Les financiers parlent d'une crise iminente, car aucune leçon n'a été tirée de la crise de 2008. [...] Pour tenter de savoir ce que l'avenir nous réserve, il faut partir des certitudes. Nous avons vu que les catastrophes climatiques sont déjà là et iront en s'intensifiant. Il en va de même pour l'érosoin de la biodiversité, les pollutions chimiques, les guerres pour l'eau et les ressources, les grandes sécheresses, les migrations massives, les attentats terroristes, les épidémies, les crises financières, les tensions sociales dues aux inégalités, etc. »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« 37% des Américains croient, comme Donald Trump, que le réchauffement climatique est une manoeuvre chinoise pour diminuer la compétitivité américaine. »

Sven Ortoli, dans son livre Léger Vertige, publié en 2018

« Les humains, comme les autres animaux, vont d'aboird aux ressources les plus faciles et les moins coûteuses à obtenir : celles proches de la surface, proches des marchés. On travaille d'abord les meilleures terres, on coupe d'abord les plus grands arbres, on commence par les mines ayant le plus haut rendement. Avec le temps, et la rareté aidant, on s'attaque aux matières plus difficiles à atteindre, moins pures, plus coûteuses, plus diluées. Tout cela est moins rentable. L'énergie nécessaire pour les mêmes resultats devient donc de plus en plus grande. [...] Au début de la production, le pétrole jaillit spontanément du puits par la pression naturelle. Dans une deuxième phase, il faut forcer le pétrole à sortir en introduisant de l'eau ou du gaz, ce qui nécessite une dépense en énergie croissante. En dernier ressort, des techniques encore plus coûteuses, comme l'injection de vapeur pour augmenter la fluidité du pétrole, peuvent être utilisées. La production est arrêtée lorsque l'énergie nécessaire pour extraire un litre de pétrole dépasse celle contenue dans ce même litre en tenant compte des autres coûts d'exploitation (maintenance, coûts humains, transport). [...] Afin d'extraire du pétrole, du charbon ou des sables bitumineux, on a besoin d'énergie pour faire rouler les camions, fonctionner les foreuses, pour poser les pipe-lines, etc. Tout cela nécessite encore du pétole. En d'autres termes, il peut arriver un moment où l'extraction elle-même ne sera plus rnetable et ce, quel que soit le prix du marché. S'il faut brûler un baril de pétrole pour en extraire un, on ne le fera pas, même si le prix du baril est à 1 million de dollars ! »

Piero San Giorgio, dans son livre Survivre à l'effondrement économqie, publié en 2011

« Normalement, après avoir grimpé la courbe en cloche d'un côté, il reste l'autre côté pour redescendre. En toute logique, il reste donc dans les sous sols de la Terre encore la moitié du pétrole que nous avons découvert. Or, le bon sens veut que, dans une entreprise d'extraction, la quantité d'énergie que l'on récolte soit supérieure à l'énergie investie. Logique. Si on récolte moins que ce qu'on investit, cela ne vaut as la peine de creuser. Ce rapport entre l'énergie produite et l'énergie investie s'appelle le taux de retour énergétique (TRE ou ERoEI en anglais pour Energy Return on Energy Invested). »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« Beaucoup se plaignent que les rapports du GIEC sont trop alarmistes, et que les médias tombent facilement dans ce travers. Mais le GIEC représente, rappelons-le, un consensus ! Il génère donc par définition un discours consensuel, neutre et lisse qui contraste avec bien des publications scientifiques, et ne prend pas en compte par ailleurs les études les plus récentes (et donc souvent plus catastrophistes). Si l'on en croit les fait, le GIEC est donc tout sauf pessimiste. »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« Ils n'ont pas pris en compte l'étude publiée dans la rue PNAS cet été sur la planète "étuve", qui ne parle aps de 2 °C mais de 7 ou plus. Les boucles de rétroaction me semblent peu développées dans le résumé du GIEC, alors que des emballements peuvent survenir très facilement entre + 1 et + 3 °C. Même si on arrive à "seulement" + 2°C, ce pourrait être dramatique. »

Pablo Servigne, dans une interview pour le magazine Socialter Hors-série n°5 : Et si tout s'effondrait ?, publié en Décembre 2015

« On a vu, aux États-Unis, le gouvernement de George W. Bush exiger que la publication de résultats obtenus sur des sujets touchant l'environnement soit contrôlée et approuvée par des instances gouvernementales. [...] L'avenir de l'humanité requiert des résutlats scientifiques de la meilleure qualité, obtenus dans les meilleurs conditions possibles, sans aucune influence extérieure. Pour cela, les chercheures doivent avoir la plus grande liberté pour publier leurs recherches et n'être l'objet d'aucune pression politique, idéologique, économique ou financière. [...] Des scientifiques, quelquefois de renom, acceptent, moyennant finances, de fournir des resultats d'analyse de laboratoire forgés de toutes pièces, dans le but de minimiser aux yeux des populations les dangers sur la santé de ces substances. Ces documents frauduleux sont ensuite utilisés auprès des responsables politiques par des lobbyistes pour s'opposer au projets de loi de protection de la nature présentés par diverses associations humanitaires. »

Hubert Reeves, dans son livre Le banc du temps qui passe, publié en 2017

« La "collapsologie" n'est pas une nouvelle science, c'est un discours qui utilise des sciences existantes. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« La collapsologie ne produira pas de connaissance nouvelles (ce sont les sciences dont elle dépend qui le feront), mais elle produira une narration nouvelle de notre vie en commmun, et c'est certiainement aussi utile. »

Jacques Igalens, dans un article intitulé La collapsologie est-elle une science ? publié le 23/11/17 sur le site The Conversation

« La démarche est honorable, associer différentes disciplines pour tenter de prendre du recul et combler la relative segmentation de la recherche scientifique est intéressant, mais cela ne fait pas de la collapsologie une discipline scientifique pour autant. En effet, excepté cette mise en réseau, la collapsologie ne produit pas de travaux qui lui sont propres. »

Yoinou, dans une article intitulé La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme, publié le 17/03/19 sur le site Perspectives Printanières

« Or pour Jacques Bouveresse, rien n'est moins sûr que la dimensions scientifique de la chose : "Quant à la collapsologie, c'est un terme qui m'exaspère. Quand vous forgez un mot avec la terminaison en -logie vous voulez donner l'impression qu'il s'agit de quelque chose de plus ou moins scientifique ; et, si j'ai bien compris, il y a des gens qui prétendent pratiquer ce genre de choses de façon scientifique. Je suis sceptique : bien qu'ils puissent s'appuyer au départ sur les données receuillies sérieusement, ces discours me paraissent davantage relever du prophétisme que de la science. D'une façon générale, le catastrophisme est un mode de pensée qui m'est complètement étrager. La seule chose qui compte pour moi, encore une fois, c'est d'essayer de faire ce qui dépende de nous pour que le pire n'arrive pas." »

Chloé Leprince, dans un article intutulé Théorie de l'effondrement : la "collapsologie" est-elle juste une fantaisie sans fondement ? publié le 26/03/19 sur le site France Culture

« La collapsologie, qui se veut étude transdisciplinaire, prétendnat relier démographie, biologie, climatologie, économie, sciences morales et politiques, est niée. Le concept devient vite populaire. "Quand on a inventé le mot, c'était pour rire, se souvient Pablo Servigne en souriant. il a été pris au sérieux par les chercheurs et les journalistes." »

Hervé Nathan, dans un article intitutlé L'ascension des collapsologues, publié le 10/07/19 sur le site L'Express

« Si depuis le début de l'article, ceux-ci sont désignés comme des collapsologistes, eux se proclament plutôt collaspologues. En extrapolant un petit peu par analagie avec une autre discipline, l'écoloie, on voit clairement la symbolique associée à ce nom. Les écologues sont des scientifiques qui font de l'écologie scientifique et étudient les interrelations entre les espèces vivantes et leur environnement, tandis que les écologistes sont des militant-es de l'écologie politique (au sens large du terme et non au sens du courant du même nom). Préférer "collapsologue" à "collapsologiste" renforce cette image scientifique dont cherche à se parer la collaspologie. »

Toinou, dans un article intitulé La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme, publié le 17/03/19 sur le site Perspectives Printanières

« En ce sens, elle est un courant politique (ou plutôt un ensemble de courants politiques divers vu la pluralité d'opinion en son sein) comme un autre : elle analyse de façon globale et sur plusieurs plans l'état du monde et propose diverses solutions. Cette confusion entre science et politique semble traverser la collapsologue de toutes parts, quels que soient les courants de cette nouvelle mouvance politique. »

Toinou, dans un article intitulé La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme, publié le 17/03/19 sur le site Perspectives Printanières

« Ce sera tout l'objet de la collapsologie, que nous définissons donc comme l'exercice transdisciplinaire d'étude de l'effondrement de notre civilisation industrielle, et de ce qui pourrait lui succéder, en s'appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l'intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus. »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« Le concept d'heuresthésie, issu de ces réflexions, a fait l'objet d'une publication en 2016 dans un ouvrage collectif coordonnée par une équipe de chercheurs du CNRS. Cette publication rapelle notamment que toutes les intuitions ne mènent pas à des développments philosophiques pertinents, ni à de réelles découvertes scientifiques. Tenter de comprendre le rôle de l'intuition dans a découverte paraît primordiale. Mon intuition, comme toute intuition n'ap as de valeur si lorqu'on vérifie les hypothèses qu'elle propose, celles-ci sont fausses, évidemment encore moins si ces hypothèses ne peuvent pas être vérifiées dans le cadre de l'expérimentation et de sa reproductibilité. L'intuition dans la découverte doit rester soumise à l'objectivabilité, et dans ce cadre l'heuresthésie pourra elle-même être disqualifiée. La collapsologie appelle à s'inspirer de ses pressentiments pou envisager l'avenir, c'est-à-dire moins prédicitible. Dans un contexte de difficultés à nous projeter dans le temps il semble être extrêmement imprudent, voire dangereux, de ne pas soumettre ses idées, opinions, sentiments, à une validation par un tiers neutre. N'exposer ses idées qu celui qui pourrait partager initialement une même prémonition potentiellement illusoire ne garantit en rien d'voquer la réalité. »

Vincent Mignerot, dans un article intitulé Intuition et collapsologie, publié le 24/04/18 sur son site

« A L'Express, Pablo Servigne concède que, bien entendu, "personne n'est sûr qu ça va arriver ou que cela ne vap as arriver", que son raisonnement est en partie intuitif, mais qu'il préfère "faire le pari", quasi pascalien, de l'effondrement. »

Hervé Nathan, dans un article intitutlé L'ascension des collapsologues, publié le 10/07/19 sur le site L'Express

« Nombre de ollapsos et d'effondré·e·s ont d'ailleurs le déaut de vouloir reconnaître dans chaque mauvaise nouvelle (jusqu des attentats) un nouveau signe qui confirmerait leur "théorie" d'effondrement généralisé, indépendamment du caractère réversible ou irréversible de ce qui l'a provoqué et de ce qui en détermine l'intensité. [...] Cet aspect fourre-tout est présenté comme le point fort des discours collapsos, alors qu'il en constitue précisément la plus grande faiblesse. Avoir une vision globale est nécessaire, tout mélanger est contre-productif. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« Les grandes banques, le réseau Internet, les centrales énergétiques, les chaînes d'approvisionnement, les infrastructures de communication, les modes de transport, les stabilités politiques (entre autres choses) sont en effet fragiles et reliés par de nombreux mécanismes. Mais ce n'est pas parce que tout est liée qu'il faut tout mélanger. Ce n'est pas parce qu'il y a corrélation qu'il y a causalité. Les discours collapsos amalgament malheureusement sous ce mot valise d'effondrement des changements irréversibles (comme la destruction de la biodiversité et l'emballement climatique) avec des changements totalement réversibes (comme la montée des fascismes, le transhumanisme ou la financiarisation du monde). »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« Les collapsologues ne seraient-ils qu'une secte millénariste comme les autres ? le témoin Pascal Bruckner n'est pas loin de la penser, développant l'idée que nous avons échappé depuis Nostradamus à 183 fins du monde annoncées et que les collapsologues sont, à leur manière, fascinés par l'idée que l'homme expie ses fautes dans un grand bûcher apocalyptique final. »

Article intitulé Les collapsologues sont-ils dangereux ? publié par le Tribunal pour les Générations Futures le 13/12/18 sur le site Usbek & Rica

« Au-delà d'appels à s'inspirer de mesures autoriatires, plusieurs auteurs et mouvements ouvertement xénophobes nourrissent l'univers collapso. Il nous faut nous rendre compte que ce n'est pas un hasard si les discours de l'effondrement conviennent tant à une partie des extrëmes-droites. Présenter la (prétendue) fin de la civilisation occidentale comme l'effondrement absolu correspond parfaitement au mythe du "grand remplacement" et à l'appel aux replis identitaires. Dmitry Orlov, par exemple, présente ses cinq stades de l'effondrement (chronologiques, attention) comme suit : l'effondrement financier, suivi du commercial, du politique, du social et enfin... du culturel. Le fait que le prétendu "effendrement culturel" soit mis à la fin et soit présenté comme l'apothéose du chaos (avec, depuis lors, l'écologique) ne tombe pas du ciel. Le fait qu'Orlov soit un complotiste xénophobe (et homophobe) n'empêche malheureusement pas les autres collapsos de le citer très régulièrement (en connsaissance de cause ou non, selon les cas). »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

Ah ouais quand même :

« Il s'agit [pour les oligarques] de détruire les sociétés occidentales et leurs systèmes de soutien social en les inondant de parasites hostiles, souvent belliqueux, issus de cultures incompatibles. [...] Une autre [méthode des oligarques] est de supprimer [notre] tendnace à [nous] reproduire en [nous] convainquant que le sexe biologique n'existe pas et en le remplaçant par un arc-en-ciel de genres, en élevant la perversion sexuelle un status social élevé [...] pour une minuscule minorité de gens (généralement moins de 1% qui sont, par cause d'anomalie génétique, nées gay). »

Dmitry Orlov, dans un billet intitulé Collapse for the Oligarchy, publié le 22/10/18 sur le site Club Orlov

« Théoricien des religions et des mythes, le Roumain Eliade étatit le membre d'avant-guerre du parti fasciste et antisémite "la garde de fer". Erreur de jeunesse ? Que nenni : après la guerre, Eliade répéta son admiration pour diverses personnalités d'extrême-droite. Vu le sujet qui nous occupe, soulignons qu'il prêta son sutien à Alain de Benoist lors de la fondation du GRECE (Groupe de recherche et d'étude pour la européenne, appelé aussi la Nouvelle-Droite). Or, de Benoist est un.e des auteur.e.s qui ont tenté par la suite de formuler une écologie politique d'extrême droite. »

Daniel Tanuro, dans un article intitulé La plongée des "collapsologues" dans la régression archaïque, publié le 06/03/19 sur le site Contretemps

« Disciple dissident de Freud, le psychiatre suisse Carl Gustav Jung n'a pas miité dans un parti fasciste, comme Eliade, mais il a néanmoins collaboté avec les nazis de 1933 à 1939. Après la guerre, Jung prétendit avoir agi pour aider ses confrères juifs allemands à poursuivre leur activité profesionnelle. Or, l'antisémitisme du psychiatre suisse est indéniable. Ses penchatns fascistoïdes resurgirent d'ailleurs indirectement en 1960 : à l'époque, il préfaça élogieusement un livre du néo-nazi mystique Miguel Serrano, un Chilien qui voyait en Hitler un avatar de Wotan et de Vishnu, promis à revenir pour sauver le monde. »

Daniel Tanuro, dans un article intitulé La plongée des "collapsologues" dans la régression archaïque, publié le 06/03/19 sur le site Contretemps

« Plusieurs analystes rappellent à ce propos que les discours de l'effondrement proviennent historiquement de courants conservateurs et réactionnaires, qui voyaient dans l'évolution des moeurs (ou dans la révolution sociale, par exemple) des manifestations du déclin ou de la décadence civilisationnelle. Cela ne signifie bien sûr pas que tous les collapsos contemporains sont réactionnaires, au contraire, mais que leurs discors inspirent des porpositions réactionnaires et (plus problèmatique) qu'ils s'en inspirent eux-mêmes souvent, sans les nommer comme telles. Le livre référence de la collapsologie, diffusé à plus de 40000 exemplaires, dédie plusieurs pages à Dmitry Orlov sans aucune remarque à ce sujet. Celui-ci est également inclus dans le "réseau des collapsologues" du site www.collapsologie.fr. Le collapso d'extrême-droite Piero San Giorgio est également référencé dans le dernier livre référence sans aucune remarque. Ce livre relaie d'ailleurs abondamment les thèses soi-disant réactionnaires du psychiatre antisémite Carl Gustav Jung sur les soi-disant "archétypes", et sur un nécessaire "retour à nos racines profondes", à nouvau sans aucun remarque concernant l'idéologie de cette source d'information. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« Même un gars odieux, il existe un angle où tu pourrais parler avec lui. Le problème c'est quand tu présentes toujours le même angle. (...] C'est comme réduire un homma à sa profession. Un homme est pourtant bien plus que son occupation, et on le voit au XXIème siècle où les occupations changent. [...] Tu peux détecter quelqu'un qui n'est pas mûr intellectuellement à ce qu'il te dire : "Ne mangez pas de cette pomme, j'ai entendu dire qu'il y avait des pépins dedans." Dans le débat intellectuel c'est souvent ça. Si on s'était arrêté au goût naturel des fèves de cacao on n'aurait jamais eu le chocolat. »

Idriss Aberkane, dans l'interview de Thinkerview intitulée Idriss Aberkane sans filtre, postée le 15/02/18

« Je trouve préférable de s'intéresser à la pertinence de ce qui est dit plutôt qu la personne qui le dit. On est bien d'accord que Piero San Giorgio est un personnage tout à fait détestable mais rien de ce qu'il dit dans la vidéo d'Absol ne l'est. Si le diable avait fait une déclaration disant que nous n'étions pas prêts à faire face à la déplétion des ressources énergétiques et de matières premières; avec des arguments pertinents dans sa déclaration, alors je n'aurais aucun souci à citer le Diable. »

Commentaire Facebook de C. M. le 22/08/19

« Pour les marxistes, les collapsologues feraient l'impasse sur la cause première de nos problèmes : le capitalisme, prédateur par essence. "La collapsologie, c'est un bricà-brac argumentatif. On en vient à abandonner la substance même de l'organisation sociale. Or il faut absolument faire le lien entre capitalisme, la propriété privée et l'effondrement, car l'accès à des ressources illimitées est l'in des constituants de l'idée de liberté dans la pensée occidentale moderne" argument Pierre Charbonnier, philosophe chercheur à l'école des hautes études en sociences sociales.»

Hervé Nathan, dans un article intitutlé L'ascension des collapsologues, publié le 10/07/19 sur le site L'Express

« L'approche est occidentalo-centrée. Les discours de l'effondrement s'inquiètenet avant tout du devenir de "notre" civilisation et ils asimilet la fin de celle-ci à la fin du monde. Pour être plus précis, ils s'inquiètent avant tout de l'avenir des classes moyennes des pays industrialisés (c'est-à-dire de moins d'une personne sur cinq dans le monde). C'est l'effondrement de "nos" modes de vie qui est mis au centre des préoccupations par les discours collapsos. [...] Cette réaction ethnocentrée est compréhensible, mais il faut l'assumer et situer ce récit. Or, les collapsos (avec certaines exceptions, comme Renaud Duterme) préfèrent le présenter comme une analyse totalisante, globalisante. Ce qu'il décrivent concerne déjà depuis bien longtemps une énorme partie de la population mondiale. Les personnes qui vivent ces réalités n'ont pas besoin des imaginaires post apocalyptiques pour être lucide sur la situation, se battre et vivre. Il est d'ailleurs interpellant d'observer que ce concept d'effondrement fasse si peu sens en dehors de nos milieux aisés et en dehors de nos latitudes. Les exemples, prospectives, anticipation et (surtout) postes de réponses portées par les récits collapsos ne concernent quasiment que l'imaginaire lié au cadre urbain des classes moyennes blanches de l'hémisphère Nord (et parfois de la classe supérieure). Lorsques les sociétés les moins industrialisées sont citées, c'est généralement pour prétendre qu'elles seront moins touchées par cet effondrement puisqu'elles seraient moins dépendantes des énergies fossiles, et donc plus résiliente. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« Pour paraphraser Schur, il est criminel que des citoyens blancs priviligiés étalent en public le fait que leur pricipal souci dans la vie est de réussir à "aller de l'avant" en ayant en tête cette douloureuse "idée d'effondrement" ("comment on fait pour vivre avec cette idée d'effondrement ?", se demande Pablo), tandis que les espèces vivantes sont littéralement exterminées, qu'une partie de l'humanité crève toujours de faim, que beaucoup crèvent de n'avoir pas accès à de l'eau potable (en grande partie à cause d'un système économique mondialisé flagramment et cruellement inique, inhumain, et écologiquement délétère), que les inégalités sociales se creusent inexorablement et impitoyablement, que la majeure partie des êtres humains sont soumis aux nombreux systèmes d'exploitations et de coercitions qui constituent la civilisation industrielle, que des réfugiés crèvent en Méditerrannée, etc., ad nauseam. Il est incroyablement indécent que des Blancs de la classe moyenne étalent au grand jour qu'au milieu de tout ce qui précède, ce qui les accable, eux, ce qui les angoisse au plus haut point, ce qui leur arrache des torrents de larmes, ce qui les tourmente au quotidien, c'est quelque chose qui ne s'est pas encore produit, et dont personne ne sait quand (et même si) il va se produire, c'est la perspective de la fin de la société industrielle. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Ainsi, l'étude de l'Anthropocène ne s'intéresse pas aux conditions politiques, sociales et économiques de son émergence. La responsabilité des acteurs, classes ou individus, n'est jamais questionnée mais seulement attribuée à un groupement indifférenciée d'humain-es : l'espèce humaine. Cette absence de lecture sociale et politique de l'Anthropocène se répercute dans le concept dérivé d'effondrement "étudié" en collapsologie. »

Toinou, dans un article intitulé La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme, publié le 17/03/19 sur le site Perspectives Printanières

« Puisque l'effondrement traverserit soi-disant toutes les classes sociales, on se retrouve sans surprise dans les discours collapsos d'innombrables références à un "nous" indifférencié et au vieux mythe du "nous sommes tou·te·s sur le même bateau" (et son corollaire "on aura besoin de tout le monde"). [...] Alors que plus de 80% des "richesses" produite par la destruction des écosystèmes (êtres humain·e·s compris·e·s) et que l'émission massive de gaz à effet de serre le sont pour satisfaire 1% de la population mondiale, ces slogans sonnent comme de l'humour noir (voir le rapport d'Oxfam International,, Les 1% les plus riches empochent 82% des richesses créées l'an dernier, 22 janvier 2018). [...] Et puisque nous sommes tou·te·s dans le même bateau, la plupart des collapsos et des effondré·e·s ne manquent pas de nous rappeler que nous sommes tou·te·s un peu responsables de ce qu'il se passe (malgré que certains soient à la barre et d'autres dans la cale du bateau). [...] Les moyennes ont bon dos, elles permettent de cacher les situations (de pauvreté et de richesse) extrêmes par des formules comme "notre confort général" ou "nos revenus". Elles permettent de faire oublier, par exemple, que la majoritéé de la population mondiale n'a jamais pris l'avion. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« Alors que la critique sociale et écologique du système capitaliste (qu'elle soit marxiste ou libertaire) a, à l'exception de quelques apparitions occasionnelles, été évincée du paysage médiatique, la collapsologie y a quant-à-elle une place grandissante. [...] La collapsologie ne remettant au contraire pas en cause la stratification sociale, l'ordre social en place, celle-ci est valoridée puisqu'elle permet de réfléchir sur des enjeux de société nous concernant tou·te·s sans questionner les responsabilités différenciées de chaque classe sociale dans la situation écologique actuelle. [...] Puisque la collapsologie ne présente aucune remise en question des choix politiques et techniques des derniers siècles ni l'ordre politique, social et économique en place qui en est l'héritier direct, sa présence dans les médias grands publics ne dérange pas le grand monde, et au contraire, arrange ceux qui ont gros à perdre. La collapsologie n'incrimine personne nommément, ni des politicard·e·s aux intérêts contraires de ceux pour lesquels ils ont été élu·e·s, ni le patronat et sa main-mise sur l'économie, ni les journalistes carriéristes qui ne se posent plus vraiment de questions pour exercer leur métier avec une once de déontologie. »

Toinou, dans un article intitulé La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme, publié le 17/03/19 sur le site Perspectives Printanières

« Considérer l'effondrement de la civilisation industrielle comme la catastrophe, c'est perpétuer le paradigme destructeur qui le précipite. Si la culture dominante, la civilisation industrielle, se dirige vers son effondrement, si elle détruit les écosystèmes du monde entier, c'est entre autres parce qu'elle ne considère pas le monde naturel et ses équilibres et ses dynamiques comme primordial. Au contraire, ce qu'elle considère comme primordial, c'est elle-même, son propre fonctionnement, sa croissance, son développment, ses industries, etc. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Si la collaspsologie passe à la télévision et est promue dans les journaux, c'est parce qu'elle ne dérange pas plus que ça l'idéologie dominante : comme elle, elle considère que l'effondrement de la société industrielle est une catastrophe. En outre, la diffusion d'un tel message dans les médias ne fait que renforcer le climat d'insécurité et de peur qui garantit une population toujours plus docile et apathique. Du pain béni pour l'hyperclasse mondiale qui ne cesse de s'enrihir sur notre dos à tous. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Je tiens à préciser que je ne souhaite pas l'effondrement de l'économie et la fin du monde. »

Piero San Giorgio, dans son livre Survivre à l'effondrement économqie, publié en 2011

« Dans un texte publié en décembre 2013, le cocréateur du concept de permaculture, David Holmgren, plus pessimiste que jamais, s'inquiétait des récentes découvertes sur les conséquences du réchauffement climatique. Selon lui, la seule issue pour éviter de trop graves dommages sur la biosphère serait désormais de provoquer un effondrement rapide et radical du système économique global. »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« Certains, dont je fais partie, conçoivent ainsi l'effondrement de la civilisation industrielle comme une nécessité, comme le seul moyen de faire cesser l'effondrement (la destruction) du monde réel, du monde naturel, qui constiue le véritable problème. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Pour celui qui se bat contre l'agrégat d'exploitations et d'injustices qui compose la civilisation industrielle, la perspective de son effondrement n'est qu'un espoir distant. De même que pour celui qui se bat contre l'acumulation des destructions écologiques qui la compose. Pour eux, l'effondrement constitue un évènement attendu avec impatience. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Pour tous ceux qui se sont défaits de l'aliénation qu'eele impose, pour les peuples autochtones du monde entier, menacés de destruction (et non pas d'extinction) à l'instar de toutes les espèces vivantes, pour les rivières, les saumons, les ours, les lynx, les loups, les bisons, pour les forêts, pour les coraux, et ainsi de suite, la catastrophe est la civilisation industrielle, et son effondrement, lui, constitue la fin d'un désastre destructeur qui accable la planète depuis bien trop longtemps. [...] L'effoondrement de la civilisation industrielle est la solution, pas un problème. Au-delà de l'aspect empathique élémentaire qui devrait nous pousser à nous soucier des autres, il s'agit également d'une réalité écologique élémentaire. Nous ne pouvons pas vivre sans une biosphère saine. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Sous la vidéo, le commentaire le plus plébiscité est écrit par le père d'un enfant diabétique de type 1 qui s'inquiète de ce que l'effondrement pourrait signifier pour son fils. On le comprend. Sans ce que permet la médecine industrielle moderne, un certain nombre d'entre nous mourraient et mourront. Seulement, certains d'entre nous voient au-delà de cette problèmatique personnelle (sociocentrée, centrée sur le sort des êtres humains qui vivient au sein de la civilisation industrielle) et réalisent que ce qui compte vraiment, ce qui est primordial, c'est la santé de la biosphère, et que qoi que cela nous coûte ou que cela puisse nous coûter personnellement, rien n'est plus important que de démanteler la machine de mort et de destruction qu'est la civilisation industrielle. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« La panique de la collapsologie est tout aussi paralysante que les doutes des climatosceptiques, affirment six chercheurs qui plaident dans une tribune pour une mobilisation concertée alliant militance citoyenne, décideurs politiques et entreprises. »

Article intitulé Écologi, climat : l'effondrement n'est pas inéluctable, publié le 16/08/19 dans Le Monde

« La plupart des discours de l'effondrement désarment et dépolitisent. L'appel au deuil et à l'acceptation indifférenciée. Il faut faire le bilan : quels effets ont provoqués jusqu présent ces discours de "l'effondrement" ? Ce n'est pas un hasard si les récits de l'effondrement paralysent tellement, si on entend autant de témoignages de personnes chez qui ils ont provoqué insomnies ou pleurs, si autant de jeunes parents font des angoisses terribles, si beaucoup d'effondré·e·s n'arrivent plus à dialoguer avec leurs proches, etc. [...] Il ne faut pas nier les chocs que cet état des lieux peut produire (d'où l'importance d'en parler de manière claire et non confuse) mais les réactions paralysantes proviennent, elles, plutôt du fait que les discours collapsos ajoutent à ces constats une invitation ambiguë à l'acceptation, à faire table rase de l'existant. Faire croire que "tout va s'effondrer" d'un bloc, comme un bâtiment, donner l'impression aux personnes qu'elles n'ont aucune prise sur la situation présente et à venir, c'est alimenter le sentiment d'impuissance, la croyance que nous sommes face à une impasse plutôt que face à une multitude de chemins. »

Jérémie Cravatte de l'association Barricade, dans son étude intitulée L'effondrement, parlons-en... Les limites de la collapsologie, publiée en 2019

« En effet, le fatalisme était au coeur de Comment tout peut s'effondrer. L'ouvrage n'offrait qu'une seule perspective : se "débrancher" du "système industriel" pour ne pas être "entraîné dans sa chute". Toute réponse globale, toute tentative de réforme structurelle étaient considérées comme génératrices d'illusions. Même la décroissance était écatée : les auteurs lui reprochaient d'entretenir "l'hypothèse irréaliste" d'un possible évitement de l'effondrement... Le livre ne comportait pas un mot d'encouragement à ces actions de désobeissance civile que Naomi Klein appelle Blockadia. Pablo Servigne enfonçait le clou par diverses interviews : face à l'inéluctable, il n'est d'autre issue que la construction de petites communautés résilientes, car rien d'autre ne survivra à la catastrophe. »

Daniel Tanuro, dans un article intitulé La plongée des "collapsologues" dans la régression archaïque, publié le 06/03/19 sur le site Contretemps

« Un gouvernement qui déciderait d'imposer des mesures drastiques pour limiter la hauteur de chute de l'effondrement ? Il se ferait conspuer par la population et virer aux prochaines élections [...] C'est cadenassé, il n'y a aucune solution. L'effondrement est selon moi parfaitement inévitable. »

Julien Wosnitza, auteur du livre Pourquoi tout va s'effondrer, dans la vidéo intitulée "Pourquoi tout va s'effondrer", publiée le 15/11/17 par 4emesinge

« Un dernier paradoxe : si au contraire on annonce trop tôt un effondrement, c'est-à-dire maintenant, et avec trop d'autorité, par exemple à travers la voix d'un discours officiel d'un chef d'Etat, il est alors possible de déclencher une panique des marchés (ou des populations) et de causer par anticipation ce que l'on souhaitait justement différer. [...] L'officialiser revient surtout à courir le risque d'autoréalisation : aussitôt qu'un Premier ministre déclarera qu'il prépare le pays à un effondrement, les cours de la Bourse et les populations réagiront avec une certaine nervosité... causant des troubles qui ne feront que précipiter ce qu'il était justement en train d'anticiper. »

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre Comment tout peut s'effondrer, publié en 2015

« Si nous habitons en Europe, en Amérique du Nord, au Japon, en Australie, en Afrique du Sud, dans un nombre grandissant de villes asiatiques, sud-américaines, africaines, et que nous faisons partie de la minorité la plus riche de la planète, nous avons ajourd'hui accès à un confort absolument inégalé depuis que l'être humain s'est dressé sur ses deux pieds. Grâce à la maîtrise de l'énergie, nous pouvons modeler les paysages, parcourir le globe en quelques heures, nous établir dans des contrées glaciaires ou écrasées de chaleur, y recréer des microclimats, produire en masse des objets, des vêtements, de la nourriture, remplacer des bras, replanter des cheveux, lancer des sondes à la découverte de nos artères ou du système solaire, en un clic correspondre avec un être à l'autre bout du monde, le regarder sur un bout de métal et de verre plus petit qu'une plaquette de beurre, connecter les cerveaux, les pensées, les écrits de plusieurs milliards d'âmes auparavant éparpillées, créer des robots, des machines capables de nous suppléer dans les tâches les plus pénibles, artificiellement reproduire l'intelligence grâce à des ordinateurs surpuissants, dont les capacités de calcul excèdent tout ce dont nous aurions pu rêver il y a un siècle. »

Cyril Dion, dans son livre Petit manuel de résistance contemporaine, publié en 2018

« Steven Pinker, anthropologue à l'université de Harvard, montre dans un libre hautement documenté (The better Angels of our Nature : A History of Violence and Humanity, Penguin, 2012), chiffres à l'appui, que le nombre de morts violentes, par guerres ou assassinats, a considérablement diminué depuis l'Antiquité. Un chiffre encapsule bien cette réalité. La probabilité pour une personne de périr par mort violente (guerre ou assassinat) était, au temps de l'Empire romain, au moins cinquante fois plus élevée qu'aujourd'hui. Cinquante fois ! ... Eh oui, il y a du progrès. L'humanité sembler émerger lentement de la barbarie. »

Hubert Reeves, dans son livre Le banc du temps qui passe, publié en 2017

« Dans la plupart des régions, la guerre s'est faite plus rare que jamais. Alors que, dans les anciennes sociétés agricoles, la violence humaine était la cause d'environ 15% des décès, au XXème siècle, 5% des lirts seulement ont été imputables à la violence ; au début du XXIème siècle, celle-ci n'est responsable que de 1% environ de la mortalité mondiale. En 2012, autour de 56 millions de personnes sont mortes à travers le monde; 620 000 ont été victimes de la violence humaine (la guerre en a tué 120 000, le crime 500 000). En revanche, on a dénombré 800 000 suicides, tandis que 1,5 millions de gens mouraient du diabète. Le sucre est devenu plus dangereux que la poudre à canon. [...] En 2010, l'obésité et les maladies qui lui sont liées ont tué autour de trois millions de personnes ; les terroristes ont fait 7 697 victimes à travers le monde, pour la plupart dans les pays en voie de développement. Pour l'Américain ou l'Européen moyen, Coca-Cola représente une menace plus mortelle qu'Al-Quaïda. »

Yuval Noah Harari, dans son livre Homo Deus Une brève histoire de l'avenir, publié en 2015

« En de nombreux pays, la peine de mort a été abolie. Le status social des femmes s'est considérablement amélioré. Il serait impensable aujourd'hui, pendant les fêtes publiques, de mettre à mort un animal. Personne ne le demande, sauf les amateurs de corrida... »

Hubert Reeves, dans son livre Le banc du temps qui passe, publié en 2017

« Non, hors de la civilisation et avant la vicilisation industrielle, avant les hautes technologies, den ombreuses populations humaines ont très bien vécu, en bonne santé, des vies relativement longues, en travaillant peu (voire pas du tout selon e qu'on considère comme étant ou non du "travail"), en mangeant à leur faim, et en vivant en harmonie avec leur environnement, et certainement pas dans un état de peur permanent. »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« D'autre part, la civilisation, l'Étt et le capitalisme ont crée d'innonbrables formes de violence, toutes plus insidieuses les unes que les autres, qui n'existaient pas auparavant. En dresser une liste serait assez fastidieux, mais on peut mentionner pêle-mêle la violence des méthodes d'accouchement moderne (pour la femme comme pour le bébé), la violence des méthodes d'éducation moderne (qui sépare l'enfant de la mère et des parents en général, qui doivent travailler), la violence du traitement des personnes âgées (qui finissent par croupir seules dans des maisons de retraite), les violences liées à la pauvreté, aux inégalités sociales sans précédent qui caractérisent la civilisation industrielle, la violence même des chaussures (qui nuisent au corps humain, sans parler des talons aiguilles et de ce genre de choses) et les nombreuses violences contre le corps humain qui résultent du mode de vie moderne (de l'activité quotidienne, ou du manque d'activité quotidienne, de l'alimentation industrielle, etc.), les violences sexuelles, les violences liées au racisme, les violences contre le monde naturel et contre les non-humains (élevage indsutriel, dééforestation, destruction massive d'habitats, pollutions en tous genres de tous les milieux, etc.), les violences de l'exploitation salariale... etc., ad nauseam. [...] Cette interminable liste de calamités sociales s'accompagne très logiquement d'une autre interminable liste de problèmes psychologiques (consommation de psychotropes qui explose, épidémies de burn-out, de stress, de mal-être, de troubles psychiques en tous genres, etc.). »

Nicolas Casaux, dans un article intitulé Le problème de la collapsologie (suite), publié en Juin 2018 sur le site Le Partage

« Dans son nouvel essai Le déchaînement du monde, l'historien des idées François Cusset déconstruit l'idée dominante selon laquelle la violence aurait diminué avec la modernité. La violence n'a pas reculé ; au contraire, elle s'est redéployée en changeant de formes et en atteignant directement les structures sociales et les dispositions affectives. "La violence, de fait, est omniprésente aujourd'hui", estime l'auteur, "mais elle n'a plus les aspects familiers qu'on lui connaissait depuis l'aube de la modernité". La violence ne recule pas, elle change de formes, à la fois dans ses structures sociales et ses dispositions affectives. C'est précisément la rationalité de la violence de 21ème siècle que se propose d'étudier François Cusser, en explorant les multiples champs de son déploiement contemporain, des nouvelles forme du travail à la nouvelle pauvreté, de la sociabilité quotidienne aux haines ordinaires, des oppressions de genre à la destruction écologique, du terrorisme à l'effondrement de psychés, des violencess obstétricales aux camisoles biopolitiques... »

Jean-Marie Durand, dans un article intitulé Comment la violence s'est redéployée dans notre société, publié le 18/03/18 sur le site Les Inrockuptibles

« En ce qui concerne la perte de biodiversité cette dernière n'est réellement grave (grave pour l'humanité j'entends, la perte d'espèces est de fait grave et ce n'est pas parce qu'elle ne menacerait pas la pérennité de la civilisation qu'il faudrait traiter cette question avec indifférence) que si l'on considère que l'homme n'est pas indépendant de son environnement. Or c'est un point de vue largement critiqué. En effet d'aucuns estiment que l'humanité est déjà arrivée à un stade où elle est quasi-indépendnate de son environnement, dans le sens où nous savons maîtriser la météo (faire pleuvoir, la Chine le fait pour prévenir les sécheresses, ou encore contrôler les ouragans même si ce point est purement théorique pour le moment), où l'on peut cultiver la Terre en faisant fi des aléas climatiques (serres réchauffées climatisées, fermes urbaines, OGM même si ce point est critiqué). De par les processus d'industrialisation de la terre, on peut penser que l'homme n'est déjà plus dans la chaîne alimentaire. Il peut modifier les génomes d'espèces (par certains OGM certes mais aussi par reproduction), les préserver en captivité/culture etc. Ce faisant une extinction même majeure d'espèces sauvages ne l'affecterait pas outre mesure (ce constat n'est pas vrai pour les populations tribales notamment mais cela ne rentre pas dans le domaine de l'effondrement thermo-industriel). »

Article intitulé Réponse à la vidéo d'Absol sur l'effondrement de la civilisation industrielle, publié fin Août 2019 sur le site Construire l'avenir

« Nous pouvons artificiellement polliniser les plantes. Des nano-robots pollinisateurs sont déjà en fonctionnement. Une étude de Dronecopter nous informe que ce type de procédé augmenterait la pollinisation de 25 à 60% pour ce qui est des cerises et des amandes, et que les fleurs sont d'emblée de tailles plus conséquentes qu'avec les abeilles. Les drones peuvent en effet vaporiser une quantité importante de pollen dès que la fleur s'ouvre pour favoriser leur croissance. Le rendement serait donc excellent. »

Article intitulé Réponse à la vidéo d'Absol sur l'effondrement de la civilisation industrielle, publié fin Août 2019 sur le site Construire l'avenir

« Plus généralement, comment peut-on imaginer qu'il est valide de décalquer l'effondrement d'une société pour prédire celui qui en attend une autre ? Loin de vouloir réduire les civilisations citées à des sociétés primitives,celles-ci avaient des organisationsociales radicalement différentes de celle qui structure le système capitaliste à l'heure actuelle. Le pouvoir (politique, économiqu,social) était réparti très différemment parmi la population et il semble hasardeux de supposer l'effondrement d'une société parce que d'autres sociétés très différentes qui l'ont précédée se sont effondrées. »

Toinou, dans un article intitulé La collapsologie ou la critique scientiste du capitalisme, publié le 17/03/19 sur le site Perspectives Printanières

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